Ce continent, d'une beauté éblouissante, est uniquement accessible d'octobre à mars (il est impossible d'y naviguer en hiver), Un voyage vers les vastes étendues blanches de l’Antarctique, vierges de toute habitation humaine, est une aventure en soi. En ce lieu hostile à l'homme, le monde animal domine encore, et les rares humains à avoir arpenté ses étendues sont des explorateurs célèbres. Ushuaia est le lieu où commence le voyage. La capitale de la province argentine de la Terre de Feu est la ville la plus méridionale du monde. Destination prisée des adeptes de l’écotourisme, elle se déploie au creux d‘une large baie bordée de montagnes aux sommets enneigés. Des excursions y sont organisées vers les fjords et les glaciers alentour, mais aussi à l’intérieur du territoire, vers les terres sauvages où s'élèvent des montagnes et des forêts millénaires.

Les bateaux gagnent les Malouines (Falkland Islands en anglais), un archipel situé à 400 kilomètres des côtes argentines. La capitale, Stanley, possède un port abrité sur l'île Malouine orientale. Territoire britannique d’outre-mer, émaillé de cabines téléphoniques rouges et de pubs anglais, les Malouines accueillent plus de 200 espèces d’oiseaux migrateurs ainsi que des lions de mer, des manchots, des éléphants de mer et des orques. L'embarcation quitte les Malouines en direction du sud-est, bien souvent escortée par des albatros gourmands espérant attraper de quoi se nourrir. Sur le front polaire (où les eaux du nord, plus chaudes, se mélangent avec celles du sud, plus froides), la température baisse très sensiblement. Là prolifère le krill, petit crustacé constituant le régime de base de bon nombre d’espèces en Antarctique. C'est pour cette raison que la convergence antarctique est un terrain de chasse prisé par les baleines, les phoques, les calamars, les poissons des glaces, les manchots et les albatros. Une occasion unique d'observer ces animaux superbes.

Le bateau s’arrête ensuite aux abords de la Géorgie du Sud, une île montagneuse prise toute l’année dans la neige et les glaces. Les seuls habitants sont les équipes du programme britannique de recherche pour l’Antarctique. Les visiteurs y sont saisis par l’incroyable vision de dizaines de milliers de manchots royaux regroupés autour des baies rocheuses. Le bateau poursuit sa route méridionale sur la mer de Scotia, en direction des magnifiques Orcades du Sud. Les glaciers y plongent dans les eaux grises, et les pentes rocheuses, tapissées de lichen et de mousse, sont habitées par les manchots. Le navire passe au large de l’île de l’Éléphant. Battue par les vents et totalement gelée, cette île ne se laisse que très rarement aborder. Elle est la plus septentrionale de l’archipel des Shetland du Sud, à 120 kilomètres de la péninsule antarctique. De nombreuses espèces de phoques et de manchots y prolifèrent. L’île de la Déception est quant à elle célèbre pour ses baies, parmi les plus abritées des eaux antarctiques. On peut y escalader le cratère du volcan qui la domine pour jouir de vues splendides sur l’île. La calotte glaciaire s’épaissit et les icebergs deviennent plus imposants à mesure que le bateau se rapproche du continent antarctique et de la baie de l’Espoir.

La glace crisse et craque tandis qu’il fend les eaux gris pétrole. Les baraquements d’équipes scientifiques internationales forment autant de petites taches sombres sur la baie. Les phoques, manchots et baleines sont ici chez eux, survolés par les sternes, les pétrels et les cormorans. Le trajet de retour dure deux jours, au cours desquels on franchit le houleux passage de Drake puis le cap Horn, avant d’arriver dans les eaux plus calmes du canal Beagle. Le voyage s’achève où il a commencé, à Ushuaia.

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