Découvrez les dauphins, cachalots, tortues et autres poissons que l’on croise en Méditerranée, au cœur de la réserve marine de Pelagos. Suivez le guide !


Si la Méditerranée évoque pour beaucoup la côte d'Azur et ses plages estivales, elle est moins connue pour l'extraordinaire faune dont regorgent ses eaux. Et pourtant, il n'est pas besoin d'aller sur des mers lointaines pour admirer dauphins, cachalots, rorquals, tortues et raies manta ! Petit tour d'horizon des espèces que l'on peut croiser dans le sanctuaire marin de Pélagos, entre Nice et la Corse.

Observer les dauphins, cachalots et autres rorquals


Le cachalot (Physeter macrocephalus)
Le cachalot est certainement le plus incroyable des prédateurs de notre planète. Pesant plus de 30 tonnes, c'est le plus grand chasseur marin et un géant parmi les baleines à dents. Pourtant, en dépit de sa taille exceptionnelle (qui peut atteindre 18 mètres de long pour 45 à 70 tonnes), il est plus proche du dauphin que de la baleine : il appartient en effet au sous-ordre Odontoceti. Cette particularité permet d'ailleurs de le différencier facilement des baleines, même de loin : le cachalot possède un conduit nasal orienté vers l'avant, alors que les baleines l'ont orienté vers le haut. Sa nageoire dorsale est peu marquée et suivie d’une série de 4 à 8 bosses. Sa couleur va du gris foncé au marron.
Autrefois persécuté jusqu’à être pratiquement exterminé, il revient maintenant petit à petit dans nos eaux. Il est cependant encore inscrit sur la liste rouge de l'IUCN en tant qu'espèce vulnérable.
Il se nourrit à 80% de calamars, y compris des calamars géants qu'il trouve en grande profondeur et qui lui valent parfois de belles cicatrices (certains calamars mesurent 20 mètres et donnent lieu à des combats de titan).

Champion incontesté de l'apnée, il est capable de plonger à plus de 2000 m et de rester sous l'eau plus d'une heure. Ces capacités extraordinaires lui permettent d'atteindre les abysses.
Le secret de cette capacité de plongée se cache en fait dans son énorme tête au profil carré qui contient une huile spéciale appelée « spermaceti ». Cette huile permet au cachalot de régler sa flottabilité lors des plongées. Pour plonger plus facilement, il descend à pic : il courbe le dos puis se met tête en bas à la verticale (sa queue dépasse alors de l'eau de façon caractéristique). Le spermaceti a la particularité de changer de densité avec la température. En plongeant, il se refroidit et devient plus lourd, ce qui aide à la descente. En remontant, il se réchauffe et devient plus léger, facilitant la remontée.
Le cachalot peut vivre jusqu'à 80 ans et vit au large, seul ou en petits groupes.

Observation
On estime que les cachalots sont environ un millier en Méditerranée. On les voit surtout en août, septembre et octobre.

Le rorqual commun (Balaenoptera physalus)
C'est la deuxième plus grosse baleine au monde (après la baleine bleue), et donc le deuxième plus gros être vivant connu sur Terre. Le rorqual commun peut atteindre 25 mètres de long pour 30 à 80 tonnes... et on le trouve dans nos eaux, juste au sud de Nice !
Il appartient au groupe des baleines à fanons (mysticètes). Pour se nourrir, il filtre à travers ses fanons de petites crevettes (le krill) et des poissons de quelques centimètres de long (3 tonnes/jour).
Il peut plonger à 350 m durant 20 mn et sa vitesse est de 37 km/h. Il peut vivre jusqu'à 80 ans.

Observation
Les rorquals communs portent bien leur nom : on les retrouve dans presque toutes les mers du blog (ce qui ne les empêche pas d'être en danger d'extinction à l'échelle mondiale). Ils seraient au moins 3000 en Méditerranée, et plus d'un millier fréquentent le Sanctuaire en été. Ils y arrivent courant mai pour repartir en août. On peut l'y observer de manière régulière durant la période. Son souffle vertical permet de le repérer de loin.

Le petit rorqual (balaenoptera acutorostrata)
La « petitesse » de ce rorqual est toute relative : il peut mesurer jusqu'à 10 mètres. Il est facilement reconnaissable grâce aux bandes blanches sur ses pectorales, sa tête courte et pointue et son rostre aplati. Sa couleur générale est gris-noir sur la face dorsale, et blanche sur la face ventrale. Le corps est effilé.

Côté comportement, les petits rorquals sont d’un naturel curieux et s’approchent volontiers des embarcations immobiles. En revanche, dans les zones à forte concentration en engins nautiques, ils ont tendance à se montrer indifférents, voire méfiants.

Observation
Comme les rorquals communs, ils arrivent au Sanctuaire courant mai pour repartir en août.

Tortue caouanne (caretta caretta)
La tortue caouanne est la tortue marine la plus commune en Méditerranée. Cette grande tortue n'a rien à voir avec nos petites tortues du continent : elle peut mesurer jusqu'à 1m25 et peser jusqu'à 160 kg. Elle se nourrit principalement de méduses (une ressource pauvre), mais aussi de mollusques, crustacés et poissons. Comme tous les reptiles, elle thermorégule : on en croise donc souvent en mer en train de se chauffer au soleil à la surface de l'eau. Elles y restent parfois longtemps immobiles, au point de se transformer en reposoirs pour les oiseaux.

Comparée à la plupart des autres tortues marines, la tortue caouanne a une grosse tête et des mâchoires puissantes, capables d'écraser des crabes ou des homards. Elle ne se reproduit au plus que tous les deux ans et pond, la même année, jusqu'à quatre fois environ 100 oeufs.

Observation
La tortue Caretta est commune en Méditerranée et en Mer Noire, mais on la trouve également en Atlantique, dans l’océan Indien et dans le Pacifique. Elle effectue des migrations collectives vers les lieux de pontes, des eaux plus chaudes ou des sources de nourriture (jusqu’à 100 km au large). L’accouplement s’étend d’avril à septembre.

Le Poisson lune (mola mola)
Le môle (Mola mola), aussi appelé poisson lune, est, après le requin baleine, la plus lourde des espèces de poissons : son poids moyen atteint les 1000 kilogrammes. On le trouve dans les eaux tropicales et tempérées tout autour du monde. C'est un animal à la tête proéminente, sans queue et peu épais par rapport à sa hauteur. Nageoires comprises, une môle peut être aussi haute que longue. Le poisson lune commun passe la majeure partie de sa vie en haute mer. En dépit de sa taille immense, c'est un piètre nageur : il passe le plus clair de son temps à se laisser porter par les courants qui l'entraînent parfois loin de son air de distribution tropicale vers des eaux tempérées.

Le poisson lune se nourrit principalement de méduses qu'il consomme en grandes quantités (en raison de leur faible valeur nutritionnelle). Les femelles pondent plus d'œufs que n'importe quel autre vertébré connu. Le fretin du poisson lune ressemble à un petit poisson-hérisson. Il possède de grandes nageoires pectorales et caudale. Son corps est recouvert d'épines qui disparaissent à l'âge adulte.

Observation
On les aperçoit généralement en mai, juin et juillet, lorsqu’ils remontent à la surface pour se reproduire.

Raie Mobula
Mobula est un genre de raies, de la famille des Myliobatidae, les raies aigles. Ces raies ressemblent beaucoup aux raies Mantas mais s’en distinguent par leur bouche, placée sur le dessous du corps plutôt qu'à l'avant.

La plus grosse espèce est l'espèce méditerranéenne « Mobula Mobular » qui peut atteindre 5 mètres d’envergure, peser 1 tonne et réaliser des sauts spectaculaires hors de l'eau. Et quel spectacle ! Ce poisson cartilagineux rajiforme possède deux grandes « ailes », une queue courte, ainsi qu'une tête presque plate avec, de chaque côté, deux extrémités appelés cornes céphaliques. Ces cornes évoquent un animal à corne, d'où son nom vernaculaire de « diable des mers ». Les yeux, petits, se trouvent aux côtés bas de chaque extrémité, en opposition à la bouche. L'animal possède, sur la phase ventrale, 5 paires d'ouïes. La mâchoire supérieure est édentée, mais l'inférieure possède plusieurs dents dont la fonction exacte est inconnue.

La raie manta possède une coloration la plupart du temps bleue, mais peut être noire ou grise, souvent tachetée de blanc sur certaines parties. La zone ventrale de l'animal est généralement blanche, parfois tachetée de noir.

Observation
Dans les eaux de Pélagos, vous pouvez les apercevoir en août.


Les dauphins en Méditerranée

Le dauphin bleu et blanc (stenella coeruleoalba)
C’est le dauphin que l’on rencontre le plus souvent en Méditerranée. Il y en a plusieurs dizaines de milliers. Ces « petits » dauphins (moins de 2 mètres de long pour 150 kg) aux couleurs magnifiques ne sont pas menacés à l'échelle mondiale. Pour autant, le fait qu'ils soient régulièrement capturés lors de pêches au thon et qu’ils soient énormément chassés au Japon peut mettre certaines populations en danger.

Ses couleurs magnifiques sont à l'origine de son nom. Son dos est sombre, de même que son bec. Ses flancs sont gris bleuté. Mais c'est la flamme blanc argenté entre l'oeil et la dorsale qui permet de le reconnaître facilement et lui a valu son nom.

Adulte, il pèse 90 à 150 kg pour une taille allant de 1,80 à 2,70 m. Les mâles adultes sont généralement 10 à 30 cm plus grands que les femelles. Les nouveaux-nés mesurent environ 1 mètre.
Le dauphin bleu et blanc se nourrit de harengs, anchois, maquereaux et calamars. Sa durée de vie moyenne est de 40 ans.

Observation
C'est le dauphin le plus abondant du Sanctuaire, et on peut l'observer fréquemment toute l'année. On l'observe généralement en bandes de quelques dizaines d'individus, qui s'approchent pour jouer à l'avant du bateau.

Le dauphin commun (delphinus delphis)
Le dauphin commun porte bien son nom : il vit dans toutes les mers du monde dont la température ne descend pas en dessous de 10°C.
Espèce grégaire, la cohésion du groupe est maintenue par l’émission de nombreux sifflements et gémissements à fonction sociale. Des clics sont utilisés pour l’écholocation. Il vit parfois en troupeaux de plusieurs centaines d’individus.
On le reconnaît à son dos sombre, du rostre à la nageoire caudale, ses nageoires pectorales sombres tandis que les flancs antérieurs et le ventre sont presque blancs.
D'une longueur maximale de 2,50 m pour les mâles et 2,30 m pour les femelles, son poids moyen oscille entre 70 et 100 kg. Sa durée de vie est de 25 à 30 ans. Il chasse en groupe, en repoussant les poissons vers la surface avant de les consommer.

Observation
On les voit fréquemment en août et septembre. Ils accompagnent parfois un groupe de dauphins blancs et bleus.

Le Globicéphale noir (globicephala melas)
Avec sa tête ronde, ce dauphin est facilement reconnaissable (son nom latin signifie d'ailleurs « tête globuleuse »). Son corps arbore en outre une coloration noir goudron, à l'exception d'une tache argentée sous la gorge. Il porte également sur la gorge une marque blanc grisâtre en forme d’ancre. Cette espèce nage lentement et n'entreprend pas de grandes migrations. Un mâle adulte atteint jusqu'à 6 mètres de long et pèse 3,5 tonnes. Les femelles sont plus petites mais vivent plus longtemps que les mâles. La durée de vie du globicéphale noir est de 40 à 60 ans. Il se nourrit essentiellement de calamars qu'il peut aller chercher à 500 m de profondeur.

Observation
Ils arrivent au Sanctuaire fin août et peuvent y être admirés de septembre à octobre.

Le grand dauphin (tursiops truncatus)
Pas besoin de les maintenir en cage dans un delphinarium pour les admirer : ces dauphins, dont le plus célébre représentant est un certain « Flipper », évoluent dans les eaux méditerranéennes en toute liberté et dans de très bonnes conditions ! Le grand dauphin mesure entre 2 et 4 mètres pour un poids de 150 à 600 kgs pour les mâles (les femelles sont légèrement plus petites). Ce n'est pourtant pas tant sa taille qui l'a rendu célèbre que son fameux sourire : son rostre court bien marqué et la ligne de sa bouche qui s'infléchit vers le haut donne en effet l'impression qu'il sourit.

Ses flancs sont de teinte uniforme gris foncé, s'éclaircissant vers l'abdomen. Sa durée de vie est de 30 à 40 ans.  On le rencontre aussi bien en plein large que près des côtes où il aime séjourner en groupe de 2 à 20 individus. Le grand dauphin est un animal particulièrement social et solidaire dans la plupart des actes de sa vie. La confiance qu’il voue à l’homme lui a d'ailleurs parfois coûté cher : il a été utilisé comme torpille vivante pendant la guerre du Vietnam, une mine attachée sur le dos…

Observation
Les grands dauphins restent rares en Méditerranée, mais on peut croiser un petit groupe de 10 grands dauphins aux alentours des îles de Porquerolles. Lorsqu'ils ne sont pas en chasse, on peut cependant les voir de près : ils escortent souvent les bateaux et viennent jouer à l'avant des navires.

Dauphin de Risso (grampus griseus)
La caractéristique principale pour identifier le dauphin de Risso est le nombre important de cicatrices qu'il porte. Ces balafres, acquises lors des jeux et des interactions sociales, forment en effet un motif unique. Les individus les plus vieux collectionnent tellement de cicatrices qu'ils arborent un aspect tout rayé.
La coloration du dauphin de Risso varie tout au long de sa vie. Le jeune est gris sombre ; avec le temps, son corps devient de plus en plus blanc (son épiderme est fait d'une couche supérieure qui ne se reconstitue pas lorsqu'elle est blessée et laisse définitivement apparaître la sous-couche claire) ; certains individus âgés sont de fait aussi blancs que le bélouga.

Le dauphin de Risso peut vivre jusqu'à 50 ans. Grand amateur de calamars, seiches et poulpes, il se rencontre surtout à l'aplomb des tombants et des canyons sous-marins où ses proies se concentrent. Il évolue en petits groupes de 5 à 50 individus. La femelle est plus petite que le male et ne dépasse que rarement les 3,50 mètres.

Observation
Le dauphin de Risso vit dans les eaux profondes, chaudes et tempérées, et fréquente rarement les côtes. On peut cependant l'observer régulièrement au large tout au long de l'année.

Quand les admirer ?
Si certains de ces animaux peuvent être observés toute l'année au Sanctuaire de Pélagos, la meilleure période pour apprécier cette superbe faune se situe entre mai et octobre. Qui plus est, certains mois sont plus propices que d'autres pour ceux qui veulent admirer les dauphins.

En mai et jusque mi-juin, les dauphins n'ont pas encore de petits : ils s'approchent donc davantage et en plus grand nombre des bateaux et des plongeurs. En revanche, il est peu fréquent de voir d'autres espèces d'animaux, en dehors des poissons lune. Pour les plongeurs, la température de l'eau est également plus fraîche.

Vers la mi-juin, l'eau se réchauffe et les bébés dauphins commencent à naître : les mamans et leurs petits gardent leurs distances vis-à vis-des nageurs mais les autres dauphins continuent d'approcher. En outre, on peut plus fréquemment voir des baleines, cachalots, poissons lune, tortues, globicéphales, tursiops et raies Manta.

Début septembre, les jeunes dauphins ont grandis et tous les dauphins s'approchent de nouveau des nageurs. Vous souhaitez vivre cette expérience unique, retrouvez le détail de notre expérience pour nager avec les dauphins.